(afp) - Le gouvernement socialiste espagnol, confronté à une sévère récession, a adopté samedi un projet de budget 2010 d'austérité, qui prévoit 11 milliards d'euros de hausse d'impôts controversée, dont une augmentation de la TVA, au risque d'affecter une relance à la traîne.
"L'ensemble de ces mesures (d'impôts supplémentaires) sera à l'origine de revenus d'environ 10,95 milliards d'euros, soit environ 1% de notre produit intérieur brut", a déclaré la ministre de l'Economie Elena Salgado à l'issue du conseil des ministres ayant validé le projet.
Ces hausses d'impôts prévoient un relèvement du principal taux de TVA de 16 à 18%, un relèvement du taux réduit applicable notamment à l'hôtellerie de 7 à 8%, tandis que le taux minimal portant sur les produits de première nécessité reste inchangé à 4%.
Le gouvernement veut aussi supprimer une remise de 400 euros sur l'impôt sur le revenu qu'il avait instaurée quelques mois avant la campagne électorale des législatives de 2008. Il prévoit de taxer plus lourdement les revenus du capital.
Le gouvernement socialiste, qui dément courir le risque d'obérer une reprise économique qu'il attend pour 2010, a aussi réduit les projets de dépenses publiques de 3,9% par rapport à 2009, à 185,24 milliards d'euros au total.
Les grands travaux d'infrastructures et le secteur recherche et innovation seront les branches les moins touchées par ces coupes budgétaires.
Malgré cela, le gouvernement prévoit d'être encore bien au delà des limites fixées par le Pacte européen de stabilité (déficit de 3% du PIB) avec un déficit des comptes publics de 8,1% (dont 5,4% pour l'Etat) en 2010. La dette publique devrait s'élever à 62,5% du PIB.